The Sisters Of Mercy - Fribourg 2016 - Alex Pradervand Concert Photography

Live Report (French Only)

The Sisters Of Mercy

Opening Act : LSD On Cia (DK)

After Party : Cult Of Darkness

Affluence : un peu moins de 1’200 personnes (capacité maximale)

Prix des places : CHF 38.- (prélocations) et CHF 42 (caisse du soir)

Note : dernière date de la tournée européenne de début d’année


Veille du Vendredi saint, Fri-son est noir de monde, à moins que ce ne soit l’inverse. Car si Andrew Eldricht renie depuis longtemps tout lien avec la scène goth, son public lui assume pleinement.

Pour la dernière date de la tournée européenne, il faut jouer des coudes pour s’approcher de la scène et surtout du bar déjà bien avant le début de la première partie. Comme la veille à Zurich, le jeune groupe danois LSD on CIA a la lourde tâche de faire patienter le public en présentant un set heavy rock de 30 minutes pas trop désagréable aux influences multiples, mais qui gagne rapidement sa place dans la catégorie « oubliables ».

22.15 heures, la machine à fumigène se met en marche à l’heure annoncée sur le programme et ne s’arrêtera plus. Dans un brouillard, les guitares de Ben Christo et Chris Catalyst lancent le riff de « More » dans une version raccourcie et incisive bien loin du chef d’œuvre grandiloquent imaginé avec Jim Steinman 26 ans plus tôt. Andrew Eldricht ou plutôt sa silhouette surgit épisodiquement des nappes de fumée pour nous dire qu’il en veut plus alors que cela vient de commencer.

A peine le temps de souffler (ou plutôt de recracher une partie de la fumée inhalée) que le groupe enchaîne avec « Ribbons », un autre joyau de Vision Thing. Quelques mots difficilement compréhensibles sont lâchés par Eldricht entre deux morceaux, mais de manière générale, il n’y a pas de temps mort et pratiquement aucune communication avec le public (et les rares fois il faut dire que l'on comprend difficilement ce qu'Eldricht marmonne).

Bien que le groupe n’ait rien enregistré en studio depuis 1993, il dispose désormais d’un solide répertoire de nouveaux morceaux qui n’ont pas grand-chose à envier aux classiques et que le public attend au moins autant que ces derniers. C’est ainsi que « Crash And Burn » démarre dans un nuage de fumée redoublé, probablement un traitement de faveur pour les photographes autorisés à shooter sur ce morceau et le medley suivant « Doctor Jeep – Detonation Boulevard » uniquement.

La fumée sur scène ne faiblit et on a une pensée pour les musiciens sur scène qui ne doivent pas voir grand-chose, surtout Eldricht qui a bien entendu ses éternelles lunettes de soleil sur le nez. Heureusement pour ses jeunes acolytes, il porte un tee shirt jaune fluo sous son hoodie noir et un gant jaune et bleu fluo qui ont probablement pour but de prévenir les collisions fortuites sur scène.

« Body Electric », « Ampethamine Logic » et le toujours magnifique « Alice » permettent de remonter dans le temps d’abord à l’époque des premiers EPs puis au fameux premier album avec le savoureux « No Time To Cry » et « Marian » dans une version là aussi bien éloignée de la subtile chanson aux lignes de basse magiques.

Aux côtés d’Eldricht depuis maintenant dix ans, Chris et Ben (facilement reconnaissable car c’est le seul sans lunettes noires) connaissent la musique et font le show avec une volonté de ne jamais ralentir la cadence, ni d’adresser la parole à la foule. Deuxième nouveau morceau joué ce soir, « Arms », un des plus récemment écrit, souffre un peu la comparaison puisqu’il est immédiatement suivi par le classique « Dominion ». L’incroyable riff de « Summer », une des plus brillantes et jouissives compositions post Vision Thing et cela repart de plus belle avant une fin de set plus confidentielle (« Jihad » (sur l’album de Sisterhood ; un choix étonnant après les évènements de Bruxelles), « Romeo Down » et le relativement rare « Flood II ».

Le premier rappel débute avec, et c’est un peu la seule surprise de la tournée 2016 à défaut de nouvelle chanson ou reprise, « Something Fast » que Chris joue sur sa guitare électro-acoustique et chante avec Eldricht avant une reprise des hostilités guitaristiques pour « Lucretia My Reflection » et « Vision Thing ». A ce moment-là Fri-son et ses presque 1'200 visiteurs du soir (quasiment complet) se transforme en karaoké géant alors que les plus motivés/jeunes pogotent amicalement. Encore en état de choc, le public voit (enfin façon de parler compte tenu de l’écran de fumée) le groupe disparaître à nouveau avant un ultime rappel convenu. Ce seront donc les intemporels « First And Last And Always » introduit par un « Careful What You Wish For » de la part d’Eldricht et « Temple Of Love » qui termineront le concert avec en ultime tirade « This Corrosion ».

La fumée se dissipe (un peu) et les oreilles se débouchent (un peu). Verdict : un bon concert avec de grands moments et quelques regrets. Difficile de cacher son plaisir d’avoir revu Eldricht en forme sur scène, content d’être présent,avec une voix en bon état (on pouvait craindre un peu le pire pour la dernière date de la tournée, surtout après les annulations de l’an passé) et dans de bonnes conditions (sonores, parce que visuellement…).

Pour faire la fine bouche, on regrettera quand même un peu certains arrangements heavy/rapides de nos chansons préférées, voire l'absence de vraies surprises (ni nouvelle composition, ni reprise). On relèvera également quelques problèmes techniques sur les effets voix. Manifestement, une fonction d’echo était partiellement absente, mais sans affecter la prestation.

La soirée a été prolongée sous les bons services de Cult Of Darkness pour un set bien senti, qui attirera même Chris, Ben et l’impérial Dave (aka The Nurse du Doktor Avalanche) pour quelques verres sur le dancefloor.




Merci à Julia (Fri-Son) pour son accueil


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